L’engagement et la sincérité de cet homme ne sont sans doute pas à mettre en cause. En revanche on est en droit de questionner ses orientations. Il part d’un constat parfaitement fondé : "le modèle actuel est arrivé au bout de ses limites tant pour l’amélioration des conditions de vie qu’il est capable d’offrir aux plus pauvres que pour l’empreinte écologique que nous pouvons imposer à la planète". De surcroît, bien placé en qualité de banquier, il ne nourrit aucune illusion puisqu’il ajoute "mais mes clients n’investissent qu’avec des promesses de profits, et cela ne va pas changer". On lui fait confiance sur ce point.
Se souvenant alors de l’économie orthodoxe de ses années d’études, il veut donner un prix à la nature ! Plein de bons sentiments il justifie son choix "Sans cela, nous ne serons pas capables d’intégrer le coût du capital naturel et de sa destruction dans nos raisonnements". Ainsi donc grâce à cette panacée qu’est le prix, donnons en un au soleil, à sa lumière et à sa chaleur et la planète ira mieux ! Puisque l’eau se fait rare, qu’il faille payer quelques dollars pour se désaltérer ! Puisque l’air devient irrespirable, vite un marché de l’émission de CO2 ! Ah, pas de chance, l’expérience a été tentée sans succès pour la limitation des émissions !
Puisque le PNUE et Monsieur Pavan Sukhdev nous affirment que nous sommes en danger, on les croit bien volontiers mais alors pourquoi donc recourir aux mécanismes qui, précisément, nous ont conduits au bord de l’abîme ? Pourquoi donc confier aux propriétaires du capital, ceux qui attendent des "profits" nous dit le banquier de Bombay, le soin de tout sauver ?
Si le climat est si important, et il l’est, ce ne peut qu’être un bien public mondial, dont la protection doit être assurée et financée comme il convient et non confié au marché. Il devra faire aussi l’objet d’interdits recourant à d’autres ressorts qu’au bon vouloir des industriels.
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