Speculand - le blog de la crise
Billets > Natixis perd, ses salariés trinquent
‹‹ Rendus fous par la crise, les traders se recyclent Qui c’est qui va payer pour renflouer le système capitaliste qui se casse la gueule ? ››

Natixis perd, ses salariés trinquent

impression 1 réaction

14 novembre 2008 - 10:30 - auteur-e(s) : Jacques Cossart
Tags : Natixis

  • Digg
  • Del.icio.us
  • Facebook
  • Google
  • Technorati
  • Live
  • MySpace
  • Wikio
  • Viadeo


Début 2006, les groupes -vous avez remarqué comme "groupe" fait tout de suite plus chic ?- Banque populaire et Caisse d’épargne s’engagent à mettre au monde Natixis. Les deux parents jettent dans la corbeille plus de trois millions de "sociétaires". Pour en arriver là, il a d’abord fallu que la Caisse des dépôts et consignations -instrument public français- se retire de la Caisse d’épargne. Pour créer un joyau de l’épargne salariale, de banque-assurance et de la gestions d’actifs -comme ils disent, c’est à dire pour jouer avec les quelque 5 000 milliards quotidiens qui s’échangent sur les bourses mondiales et les achats ventes de devises- il fallait ne pas avoir l’Etat derrière soi, même si celui-ci s’était, ces dernières années, montré assez "souple" avec la CDC.

Natixis est donc née et a fait ce que ses fondateurs attendaient d’elle : elle a joué sur tous les marchés financiers du monde. Merveille, c’est l’époque où la bulle gonfle ; Natixis, comme tous ses congénères, en profite pour en faire autant. Ce bel instrument français s’est jeté, avec une rare clairvoyance et un savoir-faire tant vanté, sur le marché immobilier étasunien y compris, bien entendu, les fameux "subprime". Comme on l’imagine, tout cela s’est fait avec le plein accord de 3 000 000 de "sociétaires" qui, à ce titre, n’ont pas manqué d’être consultés... mais pour gagner du temps -vous savez comme les marchés sont volatils- la direction de Natixis a supposé qu’il ne pouvaient qu’être d’accord !

L’action Natixis est "cotée" à près de 20 € quelques mois après son lancement, deux ans et une crise financière plus tard elle "vaut" environ dix fois moins. Pour une institution experte des marchés financiers, et maître es actions et autres instruments, cela fait mauvais genre. Pour faire tourner cette belle machine, il a quand même fallu des salariés, tant il est vrai que même au paradis financier, il est encore besoin de cet instrument archaïque, le travail. Plus de 6 000 personnes ont été recrutées. Parmi elles ces fameux "traders" aux "bonus" mirobolants mais aussi tous ceux et celles sans qui les faramineux gains de "valeur" ne pouvaient pas être traités. Et puis, voilà que la "valeur" disparaît, montrant, grandeur nature, ce qu’est une bulle et l’inanité du système ! Que faire alors pour ces messieurs qui s’étaient précipités sur cette "activité pleine d’innovation" ? Ce que font tous les propriétaires du capital, licencier. Jouer sur la seule" variable" qu’ils connaissent, l’emploi.

Que voulez-vous, il faut bien "renforcer le plan de redressement de l’entreprise", alors ce sont 1 650 personnes -aujourd’hui- qui vont être priées d’aller "travailler plus", mais ailleurs !

Photo : xtof Flickr

1 Message

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)


‹‹ Rendus fous par la crise, les traders se recyclent Qui c’est qui va payer pour renflouer le système capitaliste qui se casse la gueule ? ››